Le radar à moyenne portée : un système portatif puissant qui s’ajoute à la boîte à outils de l’Armée canadienne

Article / Le 19 avril 2018 / Numéro de projet : 18-0080

Remarque : pour visionner les photos additionnelles, veuillez cliquer sur la photo dans la galerie d'images.

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Ottawa (Ontario) — Les récentes opérations militaires menées dans des endroits comme l’Iraq et l’Afghanistan nous ont fait réaliser que les petites armes – même improvisées – sont à la fois difficiles à détecter et meurtrières.

Avec le radar à moyenne portée (RMP), l’Armée canadienne (AC) s’est dotée d’une solution de pointe contre ces menaces rudimentaires.

Le RMP est un système portatif et puissant, fabriqué par l’entreprise israélienne Elta et acquis auprès de Rheinmetall Canada, l’entrepreneur principal. Il permet la détection et la localisation rapides des sources de tirs indirects, y compris les grenades propulsées par fusée, les mortiers, les roquettes et d’autres munitions tirées sans ligne de visée directe sur la cible. Les récentes leçons retenues en Lettonie ont rappelé à l’OTAN que l’artillerie, les mortiers et les roquettes représentent toujours une menace importante, que ce soit de la part de la Russie ou de forces hors-la-loi.

Ce radar ne possède peut-être pas une conception aussi simple que les armes qu’il vise à contrer, mais il peut tout de même être installé et démonté en seulement 20 minutes.

« Le montage et le démontage doivent toujours se faire le plus rapidement possible. Ainsi, si une menace se présente, il est facile de se déplacer ailleurs », explique le major Raymond Dupuis, qui fait partie de l’équipe du projet de RMP. « C’est pourquoi nous utiliserons deux systèmes à la fois : un qui est prêt à transmettre les données et l’autre qui est prêt pour le mouvement. »

Les opérateurs peuvent contrôler le système de RMP à une distance pouvant atteindre 100 mètres. « Évidemment, le radar représente toujours une cible précieuse pour l’ennemi », fait remarquer le Maj Dupuis.

« Il est donc important de garder une distance suffisante entre le radar et le personnel qui le contrôle. Il y a un poste de travail d’opérateur et un poste de commandement, que ce soit dans un véhicule ou un emplacement fixe. »

Le système permet également de surveiller les menaces aéroportées et de créer un écran tactique qui peut être partagé avec d’autres unités canadiennes et des forces alliées. Il comprend aussi une fonction d’identification ami/ennemi (IFF). L’IFF, une technologie développée durant la Seconde Guerre mondiale pour prévenir les incidents de tirs amis, détecte les signaux radio des aéronefs et détermine s’ils proviennent de forces hostiles ou amies.

« Nous serons en mesure d’avertir hâtivement nos troupes de la présence de menaces aériennes, souligne le Maj Dupuis. Nous ne sommes pas capables de tirer sur les aéronefs à l’heure actuelle, mais un projet prévoyant l’achat éventuel d’une arme antiaérienne est en cours. »

Au total, 10 systèmes de RMP seront achetés. La plupart seront conservés au Nouveau-Brunswick, au 4e Régiment d’artillerie (Appui général), Artillerie royale canadienne, où des essais en campagne ont été menés avec succès plus tôt cette année. La formation des membres du cadre initial d’instructeurs est déjà commencée; l’unité est prête et a hâte de mettre en service cette nouvelle capacité. Il s’agit d’un atout important, non seulement pour les Forces armées canadiennes, mais aussi pour les opérations coalisées.

L’acquisition du RMP s’inscrit dans le cadre d’un projet encore plus vaste, celui de Renseignement, surveillance, acquisition des objectifs et reconnaissance (ISTAR). Annoncé en 2003, le projet ISTAR se veut une initiative continue pour l’obtention de capteurs et d’outils de reconnaissance pouvant servir à la collecte d’information sur le champ de bataille.

L’acquisition du RMP correspond également à l’engagement de protéger nos soldats contre diverses menaces sur le champ de bataille, conformément à la politique de défense du Canada Protection, Sécurité, Engagement.

Pour commenter cet article, rendez-vous dans la section Articles de la page Facebook de l’Armée canadienne

Date de modification :