Les instructeurs des Rangers canadiens sont munis d’un fusil de chasse pour leur protection contre les ours

Article / Le 16 février 2017 / Numéro de projet : 17-02-15-rangers-fire-shotguns

Par Sergent Peter Moon, 3e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens

Borden (Ontario) — La plupart des membres des Forces armées canadiennes ne tirent jamais du fusil de chasse dans le cadre de leur entraînement ou de leurs fonctions militaires. Mais les instructeurs du 3e Groupe de patrouille des Rangers canadiens en sont régulièrement munis lorsqu’ils se trouvent dans le Grand Nord de l’Ontario pour entraîner les Rangers canadiens.

 « C’est une arme très efficace contre les ours noirs et les ours polaires », a déclaré le capitaine Caryl Fletcher, commandant des 630 Rangers canadiens des 23 communautés des Premières nations du Nord de l’Ontario. « Les instructeurs rencontrent souvent des ours dans les campements lorsqu’ils s’entraînent avec les Rangers ».

Des coups de semonce effrayent habituellement les ours. Mais il y a deux ans au Camp Loon, un camp d’entraînement annuel pour les Rangers juniors canadiens, des coups de semonce n’ont pas pu dissuader un ours noir persistant qui revenait chaque nuit au camp.

« C’était un gros ours noir qui venait au camp à deux heures du matin », a expliqué le Capt Fletcher. « Malgré les coups de semonce, il ne partait pas et, malheureusement, la patrouille de nuit a dû l’abattre. Un Ranger canadien l’a tiré à l’aide d’un de nos fusils de chasse. »

À une autre occasion, un jeune ours noir revenait sans cesse dans un camp d’entraînement situé sur une île isolée. Il est finalement parti sans être blessé, après avoir été atteint de grenailles.

Les instructeurs sont munis de fusils de chasse de calibre 12, Remington 870 spécial police, avec un canon raccourci. Grâce à sa taille compacte, le fusil est facile à transporter en véhicule, en motoneige, en véhicule tout terrain et en traîneau.

La majorité des Rangers du Nord de l’Ontario sont d’origine cri, oji-cri ou ojibwé, et ils utilisent des fusils pour chasser l’oie et d’autres oiseaux, lesquels comptent pour une part importante de leur source d’aliments traditionnels. Ils utilisent des fusils de chasse conventionnels avec un long canon, et ils font concurrence à leurs instructeurs lors de tirs au pigeon d’argile pendant l’entraînement. « Ce sont habituellement des Rangers qui gagnent les compétitions », a indiqué le Capt Fletcher. « Certains d’entre eux sont d’excellents tireurs. »

L’adjudant Ron Wen est un instructeur de Rangers qui rencontre régulièrement des ours polaires lorsqu’il se trouve sur la côte de la baie d’Hudson. Il a de l’expérience avec les fusils de chasse. « Quand j’étais sapeur de combat, nous utilisions les fusils pour forcer les portes », a-t-il indiqué. « Ils sont également occasionnellement utilisés comme arme en combat rapproché dans des espaces clos. » « Je suis armé d’un fusil pour me protéger et pour avertir les ours. Je dors avec un fusil à mes côtés au cas où un ours polaire décide  de se pointer la tête dans ma tente au milieu de la nuit. Il s’agit d’une arme unique et elle peut être dévastatrice. »

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