Prendre sa place : Lieutenant-colonel Sarah Heer

Article / Le 23 octobre 2017 / Numéro de projet : 17-0239

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Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

Octobre est le Mois de l’histoire des femmes au Canada. Cette année, le thème de ce mois est « Prendre sa place ». Depuis la Confédération, il y a 150 ans, un grand nombre de femmes fortes et compétentes revendiquent la place qui leur revient dans la glorieuse histoire de notre pays, y compris des femmes qui servent dans l’Armée canadienne (AC). Voici le portrait d’un tel officier, le lieutenant-colonel Sarah Heer, membre du Régiment royal de l’Artillerie canadienne (RRAC).

Ottawa (Ontario) – Le lieutenant-colonel Sarah Heer revendique sa place comme pionnière d’une plus forte représentation de femmes aux grades supérieurs dans les Forces armées canadiennes (FAC) en général et dans le Régiment royal de l’Artillerie canadienne (RRAC) en particulier.

Les femmes servent dans l’armée du Canada depuis plus d’un siècle dans des rôles qui ne sont pas liés au combat. En 1989, les Forces armées canadiennes (FAC) sont devenues une des premières armées au monde à inclure les femmes dans tous les métiers et à tous les grades.

Le Lcol Heer est en bonne compagnie dans l’artillerie, puisqu’elle est une des huit femmes détenant le grade de lieutenant-colonel, le nombre le plus élevé à ce jour au sein du RRAC. En date de janvier 2017, la section des armes de combat des FAC comptait 233 femmes officiers à tous les grades (ou 4,7 p 100 de l’effectif total), le RRAC ayant l’une des plus fortes représentations de femmes de toute l’Armée dans les armes de combat.

Ce n’est pas une question de genre, mais de capacité à diriger

Le major-général Simon Hetherington, artilleur-major du RRAC et commandant du Centre de doctrine et d’instruction de l’Armée canadienne, à Kingston, en Ontario, a déclaré, en parlant du Lcol Heer, qu’« elle est, depuis le début de sa carrière, une leader exceptionnelle. Elle a atteint le grade de lieutenant-colonel et ça, c’est une preuve de réussite pour de nombreux officiers canadiens ».

« Selon moi, il est moins question de sa contribution comme femme que de son rôle en tant qu’officier de l’Armée et officier d’artillerie », a poursuivi le Mgén Hetherington. « Elle a accompli ce qu’on lui demandait à divers niveaux et, encore aujourd’hui, elle gère avec brio le portefeuille de la diversité. Alors, à mon avis, sa plus grande contribution reste à venir. »

Cette directrice fait partie d’un des groupes désignés

Le Lcol Heer croit que ses 20 ans d’expérience active comme femme dans l’armée ont fait d’elle la personne idéale pour occuper le poste de directrice – Droits de la personne et diversité (DDPD) des FAC. En poste depuis sa promotion à son grade actuel en juin 2016, elle s’attache à aider les FAC à atteindre les taux de représentativité fixés en matière de diversité et à créer un meilleur environnement de travail pour tous les membres des FAC.

« En tant que membre d’un des groupes visés par l’équité en matière d’emploi, je peux me fier à ma propre expérience pour traiter d’enjeux précis lors des discussions sur les politiques relatives à l’importance de la diversité au sein de notre organisation », souligne-t-elle. « Ma carrière dans l’Artillerie m’a permis de rester authentique et je suis fière de mettre mes forces personnelles à profit pour ce combat. Je crois sincèrement que la diversité nous rend plus forts et nous donne une plus grande flexibilité sur le champ de bataille. »

Les FAC sont résolues à faire passer le taux de représentativité des femmes militaires, qui se situe actuellement autour de 15 p. 100, à au moins 25 p. 100 d’ici 2026.

« Depuis mon entrée en fonction au poste de DDPD, j’ai pris conscience de l’existence de plusieurs points de vue et de concepts différents, des façons de voir que je n’avais pas eu l’occasion d’examiner jusqu’ici au cours de ma carrière », confie-t-elle. « Je suis impatiente de les mettre à profit à l’avenir, dans ma carrière. Je pense que tous les dirigeants ont la responsabilité de s’approprier la stratégie des FAC sur la diversité et de faire en sorte qu’elle aille au-delà du leadership et atteigne tous les échelons des FAC. »

Un plus grand nombre de femmes dans les postes de haute direction

Le Lcol Heer souligne qu’il y a 27 ans que tous les métiers des FAC sont accessibles aux femmes et ces dernières occupent maintenant des postes de haute direction en tant qu’officiers ou militaires du rang (MR). Son expérience personnelle lui laisse croire que le genre a très peu à voir avec le travail à accomplir.

« Je crois fermement que le succès de ces femmes officiers et MR est profondément ancré dans notre approche consistant à traiter fondamentalement tous les membres des FAC sur un pied d’égalité. À l’instar de leurs collègues masculins, on a accordé à ces femmes le temps dont elles avaient besoin, elles ont vécu des expériences opérationnelles, elles ont eu des occasions d’exercer leur leadership et ont pu suivre des cours de perfectionnement professionnel pour s’établir comme leaders au sein du RRAC », souligne-t-elle.

« Dans l’artillerie, tout notre travail est axé sur les effets souhaités, c’est-à-dire agir au moment opportun et atteindre la cible. Pour réussir dans l’Artillerie royale canadienne, comme dans toutes les autres branches de l’AC, chacun des soldats doit travailler de manière efficace au sein de son équipe afin de mener à bien la mission. »

Quelques réflexions au sujet des premières femmes décédées dans les zones de guerre

Il va sans dire que s’engager dans des missions de combat implique que l’on accepte de s’exposer à un plus grand risque. Trois femmes membres des FAC, dont un officier de combat certifié, sont mortes en Afghanistan : le capitaine Nichola Goddard, officier d’artillerie, en 2006, le major Michelle Mendes, analyste en informatique, en 2009, et le caporal-chef Kristal Giesbrecht, technicienne médicale, en 2010.

La première femme fantassin à perdre la vie au combat est le Capt Goddard, qui était âgée de 26 ans. Elle a été tuée pendant un échange de tirs alors qu’elle agissait comme officier observateur avancé sur les lignes de front.

« La guerre ne fait pas de discrimination », souligne le Lcol Heer. « En parcourant le monument de l’Afghanistan, on voit les noms de femmes et de membres d’autres minorités visibles qui sont morts au combat. Lorsque vous vous enrôlez, vous devenez un membre des FAC et cet engagement s’accompagne d’une responsabilité illimitée inhérente au service militaire. Il n’y a pas de plus grand honneur que de servir son pays. »

« La mort d’un soldat, homme ou femme, nous touche tous, chaque fois. J’ai perdu des amis en Afghanistan; Nichola et Michelle étaient deux de mes amies », confie-t-elle.

En ce qui concerne le Capt Goddard, officier d’artillerie et première femme à perdre la vie au combat, le Lcol Heer a dit que sa mort l’avait beaucoup touchée, car elle faisait partie de la famille des artilleurs. « La façon dont ses soldats et les personnes qui avaient travaillé en étroite collaboration avec elle ont réagi après sa mort a été particulièrement inspirante et montrait bien qu’elle était un officier et une femme extraordinaire. »

« Ces expériences m’ont aidée à façonner mon mode de vie ainsi que la valeur que j’accorde à la vie et l’amour que je ressens pour les gens que j’aime », mentionne-t-elle.

« J’ai l’immense chance d’avoir un mari extraordinaire. James veille à ce que tout aille rondement à la maison lorsque je participe à une mission. Le succès que je connais dans ma carrière, je le dois à son soutien constant à la maison et pendant mes absences. »

Le couple a deux jeunes filles. En constatant de quelle manière ses enfants développent leur perception du monde, le Lcol Heer entrevoit l’espoir d’un appui positif à la diversité dans les FAC et dans la société en général.

« Nos filles, qui sont maintenant âgées de 11 et 9 ans, sont de meilleures personnes que nous l’étions à cet âge », note-t-elle. « Leurs valeurs sont plus solides et elles sont beaucoup plus tolérantes, ouvertes et conciliantes que nous l’étions à leur âge. Elles savent qu’elles peuvent tout accomplir et choisir une profession où elles auront toutes les chances de réussir. »

Pour en savoir plus sur la carrière du Lcol Heer, cliquez ici.

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