Identification et enterrement décent des morts à la guerre avant 1970 « une chose spéciale », dit la coordonnatrice

Article / Le 25 janvier 2018 / Numéro de projet : 17-0361

Écrit par Steven Fouchard, affaires publiques de l'Armée

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Ottawa, en Ontario — Vous vous attendriez à une plus grande visibilité publique pour une organisation des Forces armées canadiennes (FAC) créée pour identifier et enterrer dans le respect les victimes de guerre des conflits antérieurs à 1970, mais le Programme d’identification des pertes militaires (PIPM) des FAC s’est fait discret pour la grande partie de son existence de dix ans.

Cependant, c’est peut-être en train de changer, dit la coordonnatrice de l’identification des victimes, le Dr Sarah Lockyer, qui est également l’anthropologue judiciaire du programme.

Le Dr Lockyer s’est jointe au PIPM, qui fait partie de la Direction – Histoire et patrimoine (DHP) des FAC, en août 2016. Elle a rencontré le lieutenant-général Paul Wynnyk, commandant de l'Armée canadienne, en août dernier en France pour l’enterrement de quatre victimes canadiennes de la Première Guerre mondiale.

La rencontre a mené à l’invitation du Dr Lockyer à un souper officiel qui avait lieu à Ottawa pendant la semaine de l’Armée en septembre, où le Lgén Wynnyk a mis en lumière, et avec mérite, le PIPM dans une allocution.

« Le Lgén Wynnyk a juste expliqué un peu mon emploi, » se souvient-elle. « J’en parle fréquemment avec les gens, et souvent, la réaction est, même dans les forces armées "Je ne savais même pas que quelqu’un faisait ça." »

Parmi les personnes enterrées en France cet été se trouvait un soldat canadien inconnu. Bien que ces cas ne permettent pas au plus proche parent du militaire, également inconnu, de tourner la page, le Dr Lockyer dit que c’est très satisfaisant d’avoir aidé à s’assurer qu’il repose dans un endroit idéal.

« En fin de compte, nous avons trouvé ce soldat qui a perdu la vie pour son pays et maintenant, plutôt que d’être enterré à un endroit qui nous est inconnu, il est enterré dans le cimetière canadien no 2 en France, avec ses camarades disparus. Le résultat est quand même satisfaisant. »

« Si des renseignements supplémentaires sont disponibles à l’avenir, » ajoute-t-elle, « nous pouvons continuer de les comparer aux profils d’ADN que nous possédons et

continuer de préciser et, on l’espère, identifier cette personne dans le futur. Ensuite, il suffit de changer la pierre tombale. »

Dans certains cas, le Dr Lockyer communique elle-même avec des donneurs d’ADN identifiés grâce à des recherches généalogiques, ce qui lui donne l’occasion d’interagir avec eux.

« C’est un bonus que j’apprécie d’être en mesure de parler avec les familles et de voir ce que ça signifie pour eux parce que la vaste majorité des plus proches parents de la Première Guerre mondiale ne connaissent pas la personne. C’est spécial de les voir participer activement à l’enterrement et de voir leur intérêt renouvelé pour leur famille. »

Malgré l’importance qu’ont les sciences exactes, plus précisément l’analyse de l’ADN, dans le travail du Dr Lockyer, l’anthropologie relève des sciences sociales et humaines. Les travaux de laboratoire en soi ne sont pas effectués à l’interne à la DHP, mais elle est responsable de compléter le casse-tête que mettent en lumière les faits. Le cas du soldat canadien inconnu de l’été dernier, par exemple, a commencé par une dépouille incomplète et rien pour la lier à une unité en particulier.

« Il a été trouvé à 500 mètres du cimetière du Cratère Zivy, où ont été enterrées environ 50 personnes mortes entre avril et mai 1917 – au moment de la bataille de la crête de Vimy, » explique-t-elle. « Les Canadiens se trouvaient dans cette région de novembre 1916 à juillet 1917, alors nous ne pouvons faire abstraction de ceux qui sont passés par là. J’avais de 50 à 75 pour cent de la dépouille, j’ai donc pu avoir une plage d’âge et de grandeur – mi-vingtaine au début de la trentaine et 1,52 m à 1,68 m, ce qui est plutôt dans la moyenne. Donc, même en éliminant des personnes selon l’âge et la grandeur, nous aurions trop de candidats. »

Pour une personne non initiée, des histoires comme celle-ci évoqueront des images d’enquête sur une scène de crime à la manière du divertissement. Bien sûr, la réalité est toujours moins dramatique, mais l’introduction du Dr Lockyer à l’anthropologie judiciaire s’est faite, de façon appropriée par la télévision.

« J’avais 16 ans et je suis tombée sur une émission sur des crimes véritables et une anthropologue judiciaire est arrivée à l’écran. Elle avait déterminé que le squelette trouvé dans la cour arrière de la maison était en fait la mère qui avait été tuée par son mari, qu’elle ne s’était pas enfuie et n’avait pas abandonné sa famille comme le prétendait son mari. Je me souviens de m’être dit : "C’est vraiment fascinant." »

Le Dr Lockyer a occupé des rôles plus administratifs au sein de la fonction publique avant de se joindre à la DHP et elle dit que c’était une révélation positive.

« C’est plus détendu que mes idées préconçues de ce qu’est l’Armée. L’environnement à la DHP est très collégial. Il y a beaucoup de travail indépendant, mais tout le monde ici est tellement serviable et gentil. Du moment où j’ai mis les pieds ici, ça a été un environnement de travail très plaisant et accueillant. »

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