Les adjudants techniques de l’Armée : de la technique à la pensée critique

Article / Le 14 février 2017 / Numéro de projet : 16-0340

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Kingston, Ontario — Le processus utilisé par l’Armée canadienne (AC) pour faire l’acquisition de nouvel équipement semble probablement beaucoup moins captivant que l’équipement comme tel.

Les adjudants techniques de l’Armée sont des diplômés d’un cours intensif d’une année, qui permet d’élargir leurs connaissances techniques déjà impressionnantes et qui les prépare à jouer un rôle important dans le processus d’approvisionnement.

Membre de l’AC depuis plus de 25 ans, l’adjudant‑chef Rob Francis a observé que bon nombre de ses camarades voyaient parfois cette partie de l’organisation, appelée le Développement des capacités, comme un cul-de-sac professionnel. 

Ce n’est pas le cas, affirme l’Adjuc Francis. En effet, le Développement des capacités est un secteur hautement dynamique qui exige des aptitudes en pensée critique et de vastes connaissances techniques. Ces aptitudes et ces connaissances sont acquises durant le Programme d’adjudant technique de l’Armée (PATA), d’une durée d’un an, offert au Collège militaire royal (CMR), à Kingston, en Ontario, depuis 2002.

L’Adjuc Francis, lui-même diplômé de ce programme, agit à titre de sergent-major du Département de science militaire appliquée (SMA) au CMR. L’enseignement du PATA est donné par des instructeurs de niveau universitaire, mais l’Adjuc Francis appuie le cours de différentes façons, notamment en corrigeant les travaux des stagiaires et en animant des discussions en salle de classe.

« Ce cours permet d’acquérir des connaissances supplémentaires en mathématiques, en sciences et en pensée critique pour mieux comprendre le processus d’approvisionnement », a expliqué l’Adjuc Francis. « À titre d’exemple, si vous parlez à une entreprise qui fait une réclamation, vous en savez suffisamment pour dire, "cela semble raisonnable", ou "cela semble un peu irréaliste, j’aimerais obtenir plus d’information." »

Le PATA est offert sur une base volontaire à tous les adjudants; toutefois, ceux qui possèdent 15 années ou plus d’expérience en campagne sont vus comme des candidats idéaux. Les stagiaires possèdent un grand bagage de connaissances dans divers domaines techniques et les diplômés ont tendance à trouver des rôles de Développement des capacités où leur bagage et les nouvelles aptitudes acquises peuvent être mis à contribution de façon optimale.

« Ainsi, si par exemple vous êtes un sapeur et que vous possédez de l’expérience en neutralisation des explosifs et des munitions et (NEM) », a expliqué l’Adjuc Francis, « vous pourriez participer au processus d’approvisionnement de l’équipement NEM – des robots de neutralisation des bombes, des combinaisons. »

« Nous leur enseignons les maths, la physique, la chimie, la gestion de la défense, l’ingénierie des systèmes et l’ingénierie de la logistique, la pensée critique; pour n’en nommer que quelques-uns », a-t-il ajouté. « Les stagiaires suivent 19 cours de niveau universitaire dans une année. Cela leur donne suffisamment d’information pour entreprendre différents emplois par la suite. »

Le Développement des capacités pourrait bien s’avérer le domaine de travail de la plupart des diplômés, mais il n’est pas le seul. L’Adjuc Francis a entamé le PATA en 2009 avec comme bagage de l’expérience en artillerie. Après l’obtention de son diplôme, et avant de retourner au SMA en tant que sergent-major, il a donné des cours à d’autres artilleurs au Centre d’instruction au combat de l’Armée de l’École de l’Artillerie royale canadienne.

« J’étais le maître canonnier et j’enseignais des cours avancés, notamment à titre d’instructeur adjoint du cours d’artillerie et d’instructeur du cours d’artillerie », se souvient-il. « Ces cours ont tous une composante en mathématiques et en sciences. Il y a également une composante statistique, car lorsque nous devons déterminer l’écart probable en artillerie, nous utilisons une procédure statistique. Lorsque nous mettons en pratique la pensée critique, cela permet de ramener un problème à ces éléments principaux. Si vous pouvez définir le problème fondamental, c’est encore mieux que de tenter de résoudre les symptômes du problème principal. Je crois que c’est l’essentiel du cours sur la pensée critique. »

Pour en revenir à la perception du Développement des capacités dans l’AC, l’Adjuc Francis explique que tous ceux qui craignent qu’un poste PATA s’adresse aux militaires en fin de carrière, il leur demande de penser à l’exemple d’un participant au PATA.

« L’un des sergents-majors de l’Armée, l’Adjuc Gino Moretti, a été le premier maître canonnier du PATA, ce n’est donc pas parce que vous suivez ce programme que vous n’irez pas nulle part. Il était le sergent-major de l’Armée. Je crois que c’est une très belle réalisation pour tout le monde. »

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