Les pionniers d’assaut font leur retour dans l’Armée canadienne

Article / Le 11 février 2019 / Numéro de projet : 18-0198

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Oromocto, Nouveau-Brunswick — L’Armée canadienne (AC) ramène au sein de ses rangs une capacité à la fois ancrée dans la tradition et résolument moderne.

Les pionniers d’assaut sont des membres de l’infanterie possédant une formation spécialisée additionnelle qui leur permet d’accomplir certaines tâches du génie de campagne — comme l’ouverture de portes au moyen d’explosifs — qui relevaient exclusivement des sapeurs de combat jusqu’à tout récemment. Le retour des pionniers d’assaut permettra aux bataillons d’infanterie de profiter de capacités de soutien du génie intégrées.

Après la guerre froide, l’AC a jugé qu’un tel dédoublement de tâches n’était pas rentable et a donc confié ces tâches uniquement aux régiments du génie de combat.

Le capitaine Colton Morris, instructeur à l’École d’infanterie de l’AC à Oromocto, au New-Brunswick, a contribué à la conception du nouveau cours de pionnier d’assaut. Il explique que les leaders supérieurs reconnaissent maintenant la valeur de cette instruction.

« Les membres du génie possèdent des responsabilités très variées. Ils savent que, sans les pionniers d’assaut, cette multitude de tâches les oblige à maintenir une vaste gamme de compétences, ce qui rend leur situation un peu décousue. Les sapeurs et les pionniers d’assaut se complètent. »

Selon lui, l’expérience de campagne récente démontre également la valeur des pionniers d’assaut. Depuis la fin de l’opération ATHENA en Afghanistan en 2005, l’AC se concentre davantage sur les Forces légères — des unités de combat souples et hautement mobiles comme le 3e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (3 PPCLI).

Lorsqu’il était commandant de l’Armée canadienne, le lieutenant-général Paul Wynnyk, a donné des ordres soulignant clairement les avantages particuliers de la présence de pionniers d’assaut au sein des Forces légères, pour permettre à l’AC d’intervenir efficacement lorsqu’on fait appel à elle.

« Les pionniers d’assaut de nouvelle génération aideront à assurer la mobilité en terrain complexe, notamment en montagne et, en particulier dans le contexte actuel, en milieu urbain où les compétences comme l’ouverture de brèches deviennent importantes. En ce moment, ces tâches relèvent exclusivement des membres du génie. Ils doivent s’occuper de fortifier les bâtiments, de dégager les routes, de déplacer les obstacles et de toute sorte d’autres choses. Ils n’ont pas le personnel nécessaire pour renforcer l’infanterie. »

Le cours s’adresse aux soldats d’infanterie de la Force régulière et de la Réserve, et constitue une option additionnelle de perfectionnement professionnel. Quatre séries de cours ont été données à l’École d’infanterie à l’été 2018. Le Capt Morris souligne que cette instruction a été décentralisée et sera dorénavant offerte individuellement par diverses unités, y compris des régiments de réserve, en 2019.

« On vise à améliorer le maintien en poste, explique le Capt Morris. Avec le retour de la capacité de pionnier d’assaut, nous offrons de nouvelles occasions pour les soldats, les caporaux, les leaders subalternes et même les officiers d’élargir leur expérience. »

Le concept de pionnier militaire remonte à l’époque de l’Empire romain, où ces soldats étaient responsables d’ouvrir un passage pour les forces en progression, notamment en coupant des arbres à la hache ou en construisant des routes. Selon la tradition du Commonwealth, les pionniers d’assaut ont toujours porté la barbe, contrairement à la plupart de leurs confrères.

Si les origines de cette pratique sont moins bien connues, le Capt Morris évoque des récits selon lesquels les pionniers d’assaut britanniques qui devaient défiler devant la reine Victoria l’apprenaient à si court préavis qu’ils n’avaient pas suffisamment de temps pour se toiletter complètement avant le défilé.

« C’est très excitant de faire partie de ce changement. Dans six ou sept ans, lorsque j’aurai progressé dans ma carrière, je pourrai dire "les pionniers d’assaut sont de retour, et j’y ai contribué" », conclut le Capt Morris.

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