Ottawa accueille une héroïne de chez nous

Article / Le 4 février 2020 / Numéro de projet : 20-0016

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Par Lisa Nault, affaires publiques de l'Armée

Ottawa, en Ontario — Qapik Attagutsiak, une ainée inuite, a été reconnue en tant qu’héroïne de chez nous de Parcs Canada au Musée canadien de l’histoire. On a rendu hommage à l’ainée qui amassait des os dans l’Arctique canadien pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les os étaient ensuite envoyés dans le sud du Canada pour faire des munitions, de l’engrais et de la colle d’aéronef en appui aux efforts de guerre du Canada. 

Maintenant âgée de près de 100 ans, Qapik s’est adressée à l’auditoire de distingués invités qui comprenait sa famille étendue, des élèves de l’école locale et des représentants du gouvernement. Avec l’aide d’une de ses filles qui s’est occupée de la traduction, elle a raconté comment c’était de vivre à Igloolik, dans l’Arctique de l’Est, pendant la guerre.     

« Ça me semblait terrifiant à cette époque. Nous avions entendu des rumeurs sur la guerre qui allait survenir, puis ça s’est produit lorsque les bateaux se sont mis à arriver et ils apportaient des sacs de jute. »

Qapik et plusieurs autres membres de la communauté qui font maintenant partie du Nunavut, récupéraient des carcasses d’animaux et les plaçaient dans ces sacs de jute pour leur transport.

On pense que Qapik est la dernière personne vivante connue ayant participé à cette histoire inédite du Canada.

Le major-général Derek Macaulay, commandant adjoint de l’Armée canadienne, était présent à la cérémonie et a remercié Qapik. Il a ajouté que d’avoir participé à la victoire des Alliés lors de la Deuxième Guerre mondiale était une entreprise d’envergure et qu’il est important de reconnaître les personnes qui ont contribué ici, au pays, dans les chantiers navals, les usines, les cuisines et l’Arctique canadien.

Le Mgén Macaulay a également partagé un autre lien unique entre Qapik et l’Armée canadienne.

« La guerre s’est terminée en 1945, mais pas le besoin de protéger notre pays. Et un tel devoir n’est pas toujours facile en raison de notre vaste géographie, » ajoute-t-il. « En 1947, les Rangers canadiens ont été créés en tant que présence militaire afin de patrouiller les régions isolées du Canada. Un des membres fondateurs n’était nul autre que le mari de Qapik. »

Aujourd'hui, les Rangers sont une force d’environ 5000 membres qui travaillent en collaboration avec des soldats de l’ensemble du Canada. Le message du jour de Qapik était l’esprit derrière ces liens. 

« Même pendant l’effort de guerre, alors que nous amassions des os, » se souvient-elle. « Nous devions travailler ensemble. C’était effrayant pour nous tous, pour toute la communauté. Mais nous devions nous entraider. »

C’est une croyance qu’elle partage et c’est encore le cas aujourd'hui. 

« Essayer d’aider les autres, c’est l’espoir. Nous nous entraidons, nous sommes là les uns pour les autres, » ajoute Qapik. « Mon message est qu’il ne faut pas abandonné. »

L’évènement des héros de chez nous qui rendait hommage à Qapik comprenait l’allumage du qulliq, une lampe à huile traditionnelle utilisée par les Inuits, un accueil en territoires traditionnels par l’aîné Simon Brascoupé, une danse des étudiants du Collège Nunavut Sivuniksavut d’Ottawa et un chant de gorge par une des arrière-petites-filles de Qapik. 

La Musique des Forces armées canadiennes a joué une sélection spéciale, notamment une des chansons préférées de l’ainée : une danse carrée. On a remis à Qapik un panneau d’histoires qui illustre cette partie de son héritage qui peut maintenant être partagé avec les futures générations de Canadiens. 

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