Pèlerinage militaire à Lourdes pour renforcer la résilience

Article / Le 19 mai 2017 / Numéro de projet : 17-0091

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Ottawa (Ontario) — La spiritualité est l’un des piliers de l’infrastructure des services de santé de l’Armée canadienne (AC). Un groupe de militaires en service et d'anciens combattants canadiens est sur le point de prendre part à un pèlerinage qui, selon un aumônier de l’AC, change profondément tous ceux qui y participent, peu importe leurs croyances.

Le Pèlerinage militaire international (PMI) est une initiative lancée par les Forces armées françaises après la Seconde Guerre mondiale, en signe de réconciliation avec leurs homologues allemands. Cette année, à l’occasion de la 59e édition, 70 Canadiens se joindront à des confrères et consœurs de plus de 40 autres pays dans cette aventure à Lourdes, en France, du 19 au 21 mai.

Lourdes est un important lieu de pèlerinage pour les catholiques depuis qu’un résident a affirmé avoir eu une apparition de la Vierge Marie en 1858. Le lieutenant-colonel Claude Pigeon, commandant du Centre-école des aumôniers des Forces canadiennes, souligne toutefois que le PMI offre une expérience beaucoup plus vaste.

« À mon avis, ce pèlerinage vous permet d’élargir votre compréhension du cheminement individuel particulier à chaque personne, et de la façon dont cette force que j’appelle Dieu en tant que prêtre accompagne chacun d’une façon différente – parfois en dehors de l’institution officielle de l’église ou de toute autre institution religieuse. On réalise que chaque humain est sacré, en quelque sorte, et que chacun de nous a sa propre façon de communiquer avec ce qui est transcendant », affirme-t-il.

Lcol Pigeon parle d’expérience, puisqu’il a lui-même fait partie de la délégation canadienne du PMI en 2012.

« Certains étaient là parce qu’ils avaient des problèmes de santé, se souvient-il. Les soldats qui ont fait l’expérience des zones de combat peuvent avoir besoin de revivre ces expériences. D’autres étaient là parce qu’ils étaient à une étape de leur vie où ils devaient prendre un peu de recul et évaluer leur parcours. C’est sans contredit un environnement propice à ce genre de réflexion. Il s’agit d’une façon de les aider à acquérir une certaine résilience. »

Le Lcol Pigeon estime que la spiritualité est une question très individuelle, mais qu’il est aussi bénéfique pour les soldats de partager leur expérience du PMI avec les autres.

« Il s’agit d’une expérience spirituelle très intime et personnelle. Mais vous réalisez en même temps que vous n’êtes pas seul à chercher votre voie, le but et la signification de votre vie. C’est réconfortant. »

Le lieutenant-colonel Guy Bélisle, aumônier du Commandement de l’Armée, sera l’un des 70 militaires en service et anciens combattants canadiens qui prendront part au PMI cette année. Il indique que la délégation sera diversifiée : des chrétiens, des musulmans, un bouddhiste ainsi que d’autres participants sans confession particulière.

« C’est une bonne occasion de prendre un moment pour réfléchir. Ceux qui reviennent de l’Afghanistan, par exemple, se posent de grandes questions existentielles; je crois que c’est l’endroit idéal pour le faire. »

Il indique que tous les membres des Forces armées canadiennes, les anciens combattants et leurs familles peuvent s’inscrire au PMI, et que plusieurs centaines de noms ont été reçus pour 2017. Comme il n’était pas possible de financer tous ces voyages, seuls des militaires actuellement en service et des anciens combattants ont été sélectionnés. Les participants doivent prendre des vacances ou recevoir une autorisation de congé de leur chaîne de commandement.

Les fonds publics ne sont pas utilisés pour le PMI. Appuyons nos troupes, un programme géré par les Services de bien-être et moral des Forces canadiennes (SBMFC) et financé par des dons de particuliers et d’entreprises, a prévu 100 000 $ pour couvrir les dépenses des participants. Ceux de 2018 et de 2019 pourront également bénéficier de ces fonds.

Le Lcol Pigeon affirme que son expérience lors du PMI lui a permis d’élargir sa perception de ce que signifie le travail d’aumônier.

« C’était une occasion de réunir un groupe de soldats et d’agir comme pasteur ou ministre du culte auprès d’eux, dans un autre contexte, tout en les laissant suivre leur propre cheminement. À titre d’aumôniers de l’AC dans un environnement pluraliste, nous sommes davantage des témoins de notre propre foi et spiritualité que des missionnaires. Parfois, il suffit de marcher avec les gens en silence. »

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