Le conseiller médical de l’Armée canadienne dit : soyez informés, soyez vaccinés

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Article / Le 13 avril 2021 / Numéro de projet : 2021-04-13

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Ottawa (Ontario) — Tandis que le processus de vaccination des Forces armées canadiennes (FAC) au lieu, le colonel David Coker a un message simple pour ses collègues : il se sent optimiste et vous devriez aussi.

Le conseiller médical de l’Armée canadienne (AC) s’est récemment prêté à une longue entrevue durant laquelle il s’est attaqué à certaines idées fausses les plus répandues, expliqué pourquoi il se sent optimiste et pourquoi la vaccination est à la fois sécuritaire et efficace.

« Informez-vous et faites-vous vacciner, et continuer à mettre en pratique les mesures de la santé publique », dit le col Coker. « Si vous avez une question, c’est légitime. »

L’interview qui suit a été modifiée pour des raisons éditoriales.

Vous avez manifesté de l’optimisme par rapport à où nous en sommes avec la COVID-19. Pourquoi les membres de l’AC devraient-ils aussi être optimistes?

Compte tenu du cycle de nouvelles que nous avons des jours-ci et la désinformation qui est véhiculée, nous perdons carrément de vue l’importance d’être vaccinés contre la COVID-19. Il y a un an de ça, on parlait du nombre d’années qu’il faudrait pour les développer, sans compter pour les distribuer à l’échelle mondiale. En ensuite, croyez-le ou non, en décembre, nous avons commencé à recevoir des nouvelles selon lesquelles il y avait de bons vaccins candidats qui étaient développés et même approuvés au Canada, et que l’efficacité de ces vaccins dépassait largement les attentes. On s’est posé des questions : comment les vaccins ont-ils pu être développés si rapidement? Comment peuvent-ils être sécuritaires? A‑t‑on coupé les coins ronds? C’est compréhensible, mais le contexte est très important. Si on compare les vaccins à une maison, les fondations étaient déjà coulées et les murs étaient déjà prêts à être montés puisque les chercheurs développent et étudient ce type de vaccin depuis des années. L’étape finale consistait à adapter cette maison pour qu’elle soit à l’épreuve de la COVID‑19. C’est excitant de voir qu’on approche de la ligne d’arrivée. Il reste à s’y rendre.

Que devrait-on savoir du vaccin Moderna qui a été attribué aux FAC?

Son taux d’efficacité est de 94 pour cent. Pour mettre ça en contexte, dans le cadre d’une étude, 15 000 personnes ont reçu les deux doses et 15 000 n’ont rien reçu. Parmi celles qui ont reçu le vaccin, on a relevé 94 pour cent moins de cas de COVID symptomatiques dans ce groupe comparativement à l’autre groupe. C’est incroyable. Les gens demandent s’ils peuvent contracter la COVID-19 par le vaccin? C’est définitivement un « non ». Le vaccin Moderna ne contient aucun virus actif ou désactivé. Je crois qu’il est important de comprendre ça.

Qu’en est-il des effets secondaires?

Ils sont semblables à tout autre vaccin que vous avez probablement déjà reçu dans votre vie. Essentiellement, votre corps développe une immunité après la vaccination, cela s’accompagne de certains symptômes qui se manifestent parfois plus intensément chez certains que d’autres. Par exemple, plus de 90 pour cent des gens ressentent une douleur au site d’injection. Dans une moindre mesure, certaines personnes ressentiront un peu de fatigue, des maux de tête, des courbatures et des frissons. Tous ces symptômes apparaîtront généralement d’un à trois jours après la vaccination et dureront entre un et trois jours aussi. Ils sont généralement bénins. Un très petit nombre de gens ressentiront ces symptômes plus intensément. Ces personnes pourraient devoir prendre une journée de congé. Pour ce qui est des effets secondaires intenses, jusqu’à maintenant, nous n’en avons pas eu dans les FAC. Dans la population générale, les effets secondaires graves, comme une mauvaise réaction allergique, sont très graves – on parle d’environ deux ou trois pour chaque million de doses. Il n’y a aucune raison de s’attendre à des problèmes à long terme dans 10 ou 20 ans, compte tenu du temps depuis lequel on travaille avec ce type de vaccin et de notre expérience à ce jour. Il est juste de dire que nous ne disposons d’une vingtaine d’années de données, mais si nous attendons 20 ans avant d’administrer ces vaccins, il y aura beaucoup de souffrances.

Que sont les variants et que savons-nous au sujet de l’efficacité des vaccins contre eux?

Chaque fois que le virus se transmet d’une personne à l’autre, il y a une possibilité de mutation. La grande majorité des mutations ne changent pas les caractéristiques du virus ou, si elles le font, ce n’est pas significatif. Il y a trois variants principaux qui sont préoccupants : le B117, qui a d’abord été identifié au Royaume-Uni et qui est associé à une plus forte transmissibilité et une plus grande gravité de la maladie. Le suivant est le B1351, qui a été identifié en Afrique du Sud et qui est associé à une plus grande transmissibilité. Les deux autres, soit le P1 et le P2, ont été identifiés au Brésil. Est-ce que le Moderna fonctionne contre les variants? Pour les variants d’Afrique du Sud et du Royaume-Uni, la réponse est oui. Pour ce qui est des variants brésiliens, nous attendons encore les résultats des recherches. Alors il y a certaines préoccupations, mais jusqu’à maintenant nous sommes assez contents – le Moderna semble fonctionner très bien et nous continuons d’être à l’affût de toute indication du contraire. 

Que diriez-vous à ceux qui pourraient être encore hésitants?

À parler franc, choisir de ne pas recevoir le vaccin, ça veut dire que vous n’aurez pas mal au bras, mais que vous aurez un risque accru de contracter la COVID-19 et toutes les conséquences graves pour la santé qu’elle entraîne. Sans oublier que vous demeurerez plus susceptible de la transmettre à autrui. Je ne veux pas être extrême ou dramatique, mais la COVID-19 a réellement perturbé les opérations des FAC. Pour chaque cas au sein d’une unité, on compte en moyenne 12 personnes qui doivent se mettre en quarantaine. Alors chaque cas – et nous en avons eu notre part – a une incidence majeure. Il ne s’agit pas seulement de recevoir le vaccin pour vous en tant qu’individu. À une plus grande échelle démographique, une fois que nous aurons une proportion assez forte de personnes immunisées, nous pourrons examiner comment réduire graduellement les exigences de la quarantaine. Soyez informés et soyez vaccinés. Si vous avez une question, c’est légitime. Nous ne voulons pas que les gens viennent à contrecœur. Nous n’essayons pas de leurrer les gens pour qu’ils soient vaccinés. Le vaccin est sécuritaire et la COVID-19 est dangereuse.

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